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Digitalisation logistique : comment transformer ses entrepôts et flux de transport pas à pas

Digitalisation logistique : comment transformer ses entrepôts et flux de transport pas à pas

Digitalisation logistique : comment transformer ses entrepôts et flux de transport pas à pas

La digitalisation logistique, ce n’est plus un “plus”. C’est devenu un prérequis pour rester compétitif, surtout quand les clients comparent vos délais à ceux d’Amazon… même si vous livrez des palettes de boulons et pas des baskets de running.

Bonne nouvelle : transformer ses entrepôts et ses flux de transport ne nécessite pas forcément un budget digne d’un centre de distribution de la grande distribution. En revanche, cela demande une méthode, un plan, et quelques choix technologiques bien sentis.

Dans cet article, on va voir, très concrètement, comment avancer étape par étape, sans bloquer l’exploitation pendant six mois ni perdre vos équipes en route.

Clarifier ses objectifs avant de parler outils

Digitaliser pour “faire moderne” ne sert à rien. Avant de regarder les logiciels ou les scanners, il faut répondre à une question simple : qu’est-ce que je veux améliorer, précisément ?

Exemples d’objectifs concrets :

Ces objectifs vont guider tout le reste : choix du WMS (ou non), équipement des opérateurs, priorisation des projets. Sans eux, vous risquez de vous retrouver avec un “joli” tableau de bord qui ne change pas grand-chose sur le terrain.

Cartographier ses flux : voir clair avant de digitaliser

Avant de jeter vos bons papier, il faut comprendre ce qu’ils font… et où ça bloque.

Commencez par cartographier vos flux principaux :

Une bonne méthode terrain : suivre une commande de bout en bout. Depuis son entrée dans votre système (ou dans la boîte mail) jusqu’à sa remise au transporteur. Notez :

C’est souvent dans ces “bricolages” que se cachent vos meilleurs leviers de digitalisation.

Commencer par les fondamentaux : données et traçabilité

Digitaliser des processus sans données propres, c’est comme mettre un moteur de course sur une voiture sans roues. Le bruit est impressionnant, mais ça n’avance pas.

Trois bases à sécuriser :

Si vous n’avez pas encore de codification standardisée, commencez petit : par exemple, coder les emplacements de picking d’abord, puis les zones de stockage de masse. L’important, c’est la cohérence et la pérennité.

Digitaliser l’entrepôt pas à pas

La transition vers un entrepôt plus digital se fait rarement en “big bang”. Le plus efficace est d’avancer par briques fonctionnelles.

Mettre en place (ou renforcer) un WMS adapté

Le WMS (Warehouse Management System) est le cœur de la digitalisation d’un entrepôt. Mais attention : le “meilleur” WMS n’est pas forcément le plus cher ou le plus complet. C’est celui qui répond à vos besoins réels, sans transformer chaque évolution en projet informatique de 6 mois.

Pour une PME, un WMS léger ou un module logistique intégré à l’ERP peut suffire pour :

Pour un entrepôt plus complexe (multi-sites, multi-clients, forte volumétrie), un WMS dédié pourra intégrer des fonctionnalités avancées : radiofréquence, optimisation des trajets, gestion des ressources, interfaçage TMS, etc.

Le bon réflexe : exiger des démonstrations sur vos cas concrets, pas des présentations PowerPoint génériques.

Équiper les opérateurs : scanners, terminaux, mobilité

Le WMS ne sert à rien si les opérateurs continuent à travailler avec des feuilles A4 froissées dans la poche.

Les outils les plus courants :

Ne sous-estimez pas l’ergonomie : un terminal mal adapté (trop lourd, peu lisible, lent) sera vite “contourné” par les équipes. Les opérateurs sont souvent les meilleurs testeurs : faites-les participer au choix des équipements.

Structurer la préparation de commandes

La préparation est souvent le poste le plus consommateur de temps et de main-d’œuvre. Digitaliser cette étape permet de gagner rapidement en productivité et en fiabilité.

Quelques leviers concrets :

Sur le terrain, on observe souvent des gains de 10 à 30 % sur les temps de préparation avec une bonne digitalisation, sans augmenter la pression sur les équipes. Simplement en supprimant les allers-retours inutiles et les ressaisies.

Digitaliser les flux de transport : du bon au quai jusqu’au client

Un entrepôt digitalisé qui travaille avec une gestion du transport “à l’ancienne”, c’est un peu comme une voiture électrique avec un rétroviseur cassé : ça avance, mais on ne voit pas clairement ce qui se passe.

Mettre en place un TMS ou au minimum une gestion structurée du transport

Le TMS (Transport Management System) permet de piloter et d’optimiser les flux de transport. Là encore, l’objectif n’est pas de tout révolutionner d’un coup, mais de cadrer les étapes critiques :

Pour des structures plus modestes, de nombreux transporteurs proposent des portails en ligne permettant déjà :

On peut alors envisager une intégration simple entre votre système (ERP ou WMS) et ces portails pour éviter les doubles saisies. Parfois, un simple échange de fichiers ou l’utilisation d’API suffit à faire gagner des heures chaque semaine.

Organiser le quai : du chaos au flux orchestré

Le quai d’expédition est un endroit où l’on voit immédiatement si les flux sont maîtrisés… ou pas. Digitaliser cette zone permet de réduire les erreurs d’expédition et les temps d’attente des chauffeurs.

Quelques actions structurantes :

Un simple écran affichant les expéditions du jour, mises à jour automatiquement, peut déjà changer la vie des équipes exploitation.

Connecter entrepôt, transport et clients

La vraie valeur de la digitalisation apparaît quand les informations circulent entre tous les maillons : entrepôt, transporteurs, clients, ADV, achats.

Quelques exemples de flux digitaux à mettre en place :

Plus l’information circule vite et proprement, moins vous avez d’appels du type : “Bonjour, je voudrais savoir où en est ma commande…”

Impliquer les équipes : facteur clé de réussite

Une transformation digitale se joue au moins autant dans les vestiaires que dans les serveurs. Autrement dit : si les équipes n’adhèrent pas, les meilleurs outils ne serviront à rien.

Quelques bonnes pratiques issues du terrain :

Un détail qui n’en est pas un : expliquer le pourquoi. Si les opérateurs comprennent que le scan au picking évite les réclamations injustifiées et les retours inutiles, ils l’acceptent beaucoup mieux que si on le présente comme “un nouveau contrôle”.

Mesurer les résultats et ajuster en continu

Digitaliser, ce n’est pas appuyer sur un bouton et revenir dans un an. C’est un processus itératif. On met en place, on mesure, on corrige.

Quelques indicateurs simples à suivre avant/après :

Ces chiffres ne sont pas là pour “fliquer”, mais pour objectiver les progrès, identifier où agir, et justifier les investissements auprès de la direction.

Éviter les pièges classiques de la digitalisation logistique

Sur le terrain, on retrouve toujours les mêmes écueils. Les identifier à l’avance permet déjà de s’en protéger.

Plan d’action type pour digitaliser progressivement

Pour finir sur du très concret, voici un plan d’action réaliste pour une PME souhaitant transformer ses entrepôts et ses flux de transport en 12 à 18 mois, sans tout casser.

La digitalisation logistique n’est pas réservée aux “gros”. Elle repose moins sur des robots dernier cri que sur une bonne compréhension de ses flux, des données propres, des outils bien choisis et des équipes impliquées.

En avançant pas à pas, en mesurant à chaque étape, vous pouvez transformer vos entrepôts et vos flux de transport en véritables atouts compétitifs… sans pour autant transformer votre dépôt en film de science-fiction.

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